Pasquier: l’ascension fulgurante des fils du boulanger

Les Pasquier: pas des « fils à papa »

Les actuels « patrons » de Brioche Pasquier, une marque que les français connaissent bien maintenant depuis quelques années, ne sont pas des « fils à papa », des fils d’industriel élevés avec une cuillère en or dans la bouche. Non, puisqu’il s’agit des cinq fils d’un boulanger vendéen, Gabriel Pasquier. L’entreprise florissante, dont le chiffre d’affaire annuel, depuis 2011, avoisine les 640 millions d’euros, ce sont eux qui l’ont montée ; et non leur père. Focus sur une affaire juteuse, aux méthodes 100% françaises.

De l’atelier artisanal aux usines

Au début des années 70, les aînés des frères Pasquier, Louis-Marie et Serge, se sont distingués de leur entourage et de leur environnement par un esprit résolument novateur qui les a éloignés de la boulangerie artisanale.

Ils ont en effet mis au point la fabrication de brioches en série, protégées par un sac plastique qui mentionnait la date de fabrication, et ont commencé à démarcher les supermarchés alentour pour vendre leur produit. Après avoir conquis la Vendée, les Pasquier s’implantèrent, dans la fin des années 80, près de Lyon, puis dans la Drôme et dans la Seine-et-Marne. Ils transportaient là-bas à la fois leurs usines et leur concept !

Des méthodes iconoclastes

Les méthodes employées par les frères sont tout à fait iconoclastes. Brioche Pasquier est un OVNI dans le monde de l’industrie agro-alimentaire. Pour eux, en effet, rien ne vaut un circuit court pour assurer la fraîcheur des produits. Pas question d’expédier leurs brioches par container en Chine pour y mettre des protéines de lait, de l’arôme beurre, etc. puis de les faire revenir par container en France !

Aujourd’hui encore, la méthode de fabrication de la brioche Pasquier est presque 100 % artisanale, si l’on regarde l’essentiel des ingrédients utilisés : de la farine, des œufs frais, du levain naturel (« produit sur chaque site, avec de la farine et de l’eau » dixit Pascal Pasquier, l’actuel PDG), de la graisse de palme. Seule touche « industrielle » : l’ajout de caroténoïdes. Remarquons, toutefois, qu’il ne s’agit pas là de colorants artificiels, mais d’un anti-oxydant naturel qu’on trouve en concentration importante dans les carottes, comme le nom l’indique !

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les frères Pasquier ont diversifié leur production: les pains-au-lait, Pitch, biscottes et macarons font de la concurrence à la traditionnelle brioche « très jaune, aux arômes de vanille ». Avec un quart de produits vendus à l’exportation (distribués tant en Espagne, qu’aux Etats-Unis ou en Corée), et 17 usines (2 usines supplémentaires vont être bientôt construites en Angleterre et aux Etats-Unis), l’affaire Pasquier est une affaire qui roule, même si la récente guerre économique entre les gros distributeurs Casino, Leclerc et autres, a un peu diminué ses marges.

mars 31, 2017

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